Dictionnaire Céline : une oeuvre, une vie

Cet homme est une oeuvre : de Voyage au bout de la nuit à
Rigodon en passant par Progrès, L'Eglise et Bagatelles pour un
massacre et Les Beaux Draps , sans oublier les arguments de
ballets, La Légende du roi Krogold et l'énorme
correspondance aux amis, aux amies, aux ennemis, aux
patrons et aux éditeurs de 1916 à 1961. Soit dans une
langue en constante évolution, un discours très cohérent qui
cite le siècle dont il est la mémoire fidèle - pour le meilleur
et pour le pire.
Cet homme est une vie : toutes les vies - parallèles ou
successives - du cuirassier, du médecin, du pharmacien, de
l'écrivain et du militant.
Lorsque Louis Destouches se transforme en Louis-Ferdinand
Céline, il a, à trente-huit ans, traversé une série
d'avatars qui auraient rempli deux ou trois existences
ordinaires à travers trois continents. Il en a intégré ou rêvé bien
plus («des années en Afrique», «quatre ans médecin chez
Ford»).
Chéri de la gauche antifasciste de Barbusse, de
Lévi-Strauss et d'Elie Faure, il préconise quatre ans
plus tard une alliance militaire avec l'Allemagne de Hitler et
révèle un racisme antisémite moins choquant alors qu'il ne
semble aujourd'hui. Délires passagers nés de la conjoncture
guerrière ou vision du monde incarnée dans celui qui se veut
Celto-Germain comme Gobineau se voyait Viking ?
Pour se retrouver dans ce foisonnement souvent contradictoire,
rien de tel qu'un dictionnaire aux multiples
entrées qui fasse fi des légendes et des tabous en intégrant les
témoignages de tous bords.
Ce Dictionnaire Céline est le premier ouvrage de référence
sur le sujet. Il le restera sans doute pour longtemps. Il se
doit de figurer dans la bibliothèque de tous les céliniens et
anti-céliniens.