La station touristique royannaise : de la fin du XVIIIe au début du XXe siècle

La station touristique royannaise de la fin du XVIII<sup>e</sup> au début du XX<sup>e</sup> siècle
L'essor de la station de Royan est le fruit d'un échange incessant entre les Étrangers
(les baigneurs) et les Royannais. Dans un premier temps, l'action étrangère prévaut,
incarnée par les Bordelais Pierre Balguerie-Stuttenberg, fondateur de la Compagnie des
bateaux à vapeur et Jean Lacaze, créateur de la station mitoyenne de Pontaillac. Cette
influence se révèle à travers l'étude du site royannais réaménagé, relié et transformé,
l'installation progressive de ses équipements, l'examen économique du marché et de la
clientèle grâce aux listes d'Étrangers. Dans un second temps, conscients des opportunités qui s'offrent à la ville, les acteurs royannais se saisissent eux-mêmes des leviers de
l'activité touristique. Se dévoilent alors des oppositions politiques et religieuses internes
luttant pour le contrôle du pouvoir touristique, aux enjeux de plus en plus déterminants,
illustrés par la guerre des casinos. Cette seconde phase modifie profondément la station
naissante grâce à l'intervention décisive d'une figure majeure jouant le rôle de relais national.
Le député Eugène Pelletan presse les décisions d'aménagements essentiels : le
Casino Municipal, le port en eaux profondes, le chemin de fer et le quartier du Parc dédié
à la sédentarisation touristique. Le processus de création se trouve achevé quand l'État
intègre dans un périmètre légal les principaux moteurs touristiques de la station : le produit des jeux, de la taxe de séjour et l'Office du Tourisme.