Le sexe et la loi

De tout temps et en tous lieux, juristes et moralistes ont tenté de normaliser le sexe, de refréner ses audaces et ses débordements : «Luxurieux point ne seras de corps ni de consentements», proférait déjà le Décalogue. Fornication, stupre, concubinage, inceste, rapt, sodomie, viol, bestialité, bigamie, adultère, la loi a toujours établi des catégories. Elle a même prévu une hiérarchie des sanctions selon les nuances de la libido - mieux vaut, par exemple, être zoophile que pédophile, nécrophile que violeur, voyeur que proxénète -, et d'ailleurs certaines pratiques sexuelles - fétichisme, gérontophilie, triolisme, échangisme, etc. -, à condition de rester discrètes, n'encourent aucune sanction devant les tribunaux.
En 1993, la France s'est dotée d'un nouveau code pénal. Cette réforme de notre droit justifiait un tour d'horizon des rapports ambigus que le sexe et la loi entretiennent aujourd'hui. Quelle peine encourt-on à harceler sa secrétaire ? A quels tracas s'exposent les couples homosexuels ? Peut-on faire l'amour en public ? Qu'est-ce que le devoir conjugal ? Est-il licite de coucher avec sa nièce ? Que risque-t-on pour un viol de cadavre ? Autant de questions auxquelles ce livre tente de répondre, en rapportant des affaires bien souvent rocambolesques et en comparant les dispositions actuelles de la loi aux pratiques de l'ancien droit.