Nostalgiaques. Manifeste accomien

Après un siècle de verlibrisme, voici encore du nouveau dans la poésie française et
francophone. Une nouvelle école est née : le CLA Affo Akkom ; un nouveau courant :
l'Accomisme ; un nouveau vers : l'Accomien. La poésie classique avait cru avoir atteint,
avec l'alexandrin, la dernière borne du rythme, mais voilà qu'elle a été franchie : «Nous
avons, quand tous dormaient, prolongé l'alexandrin !»
«Nous», c'est un cercle d'écrivains camerounais, le «Cercle Littéraire et Artistique
Affo Akkom». Un cercle qui ne se contente pas de présenter ses oeuvres, mais - et c'est en
soi un événement en francophonie ! - les accompagne d'un manifeste...
«Nous voulons faire une littérature qui pense l'homme et le monde, mais qui avant
tout pense le beau, pense la littérature et se pense comme littérature. Fini le jourdanisme...
Fini le moutonisme... Nous commençons par donner deux grands coups de pied : l'un
au classicisme, et l'autre au modernisme !»
... Au modernisme ?! ... Décidément, ils préparent une secousse, un tremblement,
un «tsunami» littéraire. Leur maître mot : le rythme ...
«En Afrique comme ailleurs, aujourd'hui comme hier, la poésie est chant, la poésie
est musique, la poésie est donc rythme... Nous voulons réconcilier la poésie avec elle-même.
Pour ce faire, il était impératif de réinstaller sur son trône le rythme, qui est au
coeur même de la poésie : il n'y a rien de plus fondamental, rien de plus définitoire à la
poésie que la musicalité, que le rythme.»