Bifrost, n° 31. Curval se met à table : spécial gourmets

Il ôta sa chemise à fleurs made in
Bangkok, défit son pantalon, retira
son slip, éjecta ses tongs.
«On se le fait façon cataplasme,
chuchota-t-elle quand il s'allongea
sur son ventre.
- Plutôt barbecue.»
Toute moite, elle diffusait une chaleur
d'enfer à partir de son torse et de
son ventre. Il se raidit tel un brandon.
Cela coulait de source entre elle et
lui depuis tant de mois qu'il la
pénétra sans crier gare. Jalna agita
les hanches comme un petit train du
Texas. Ça filait doux tandis qu'elle
fumait son joint, là-haut, tout là-haut
dans son arbre.
Soudain, elle sanglota.
«Qu'est-ce qu'il y a ?»
Puis elle éclata de rire :
«Aïe ! Je me sépare.»
Les murs de la chambre s'éloignaient
à l'infini, Jalna perçut nettement
qu'elle se divisait par le milieu. Une
faille s'ouvrit depuis son sexe, gagna
son nombril, atteignit son cerveau.
Scindée en deux ! Une tristesse sans
fond immergeait une part de son
esprit, tandis qu'un rire dément
secouait l'autre. Ignorant la fulgurante
apparition de cette crise hystérique,
Everett écartela son corps,
plongea dans ce gouffre de
douleur insoutenable...
Philippe Curval