Je ne mourrai pas avant le printemps

Je ne mourrai pas avant le printemps
Au-delà de l'évocation funèbre de la mort, c'est la juvénilité triomphale, la vigueur de la vie, dont le printemps est la métaphore, qui est ici chantée.
En incarnant le cycle de la nature, le poème se veut aussi le fruit d'une lente maturation. C'est ce que le poète appelle la patience : c'est-à-dire la passion (cette « fleur-blessure »), la science (l'alchimie), la patience (qui sait aussi être impatiente) et la patience (cette petite santé de tout créateur qui lui fait voir ce que les autres ne voient pas). Évoquant donc le silence, la nuit, l'absence, la blessure... ce recueil se veut d'abord un hymne à l'écriture, à l'énigme de l'écriture et à son insoluble paradoxe. Car le don du chant qui libère la parole et exalte la vie lui-même nous captive et enferme, jalousement : « Vaste est notre prison/vaste notre ciel/étoilé de mots et de silence », nous dit le poète.