A mes amours

Quand on observe ce parcours invraisemblable à
travers les différents films, metteurs en scène et rôles, ce
parcours qu'on pourrait si facilement assimiler à du
hasard, on découvre en filigrane l'homme derrière
l'artiste. C'est là que la pudeur de l'acteur prend tout son
sens. Caché derrière les faux nez, postiches, costumes ou
accents de toutes sortes, se tapit un homme qui n'a
finalement que ce moyen-là pour communiquer toute sa
démesure et tous ses rêves. C'est ce parcours-là que mon
père nous raconte ici, avec cette discrétion qui le
caractérise si bien dans l'esprit de ses contemporains.
En lisant ces mémoires on s'aperçoit que sa légèreté
n'était pas feinte mais plutôt représentative d'une
époque, l'après-guerre. On y danse, on y chante, on y flâne
sur le boulevard Saint-Germain et c'est de cette jeunesse-là
que naîtra la nouvelle vague.
Jeune acteur en colère, j'ai tout fait pour me démarquer
de son image, et ce n'est qu'assez récemment que je
réalise son chemin parcouru, toutes ces rencontres, tous
ces films, dont certains majeurs, et surtout l'influence
primordiale qu'il aura eue sur moi...
Vincent Cassel