Migennes, au coeur du voyage : oeuvres poétiques

Je t'apprendrai les ciels dans le matin qui naît
Sous l'auvent de métal au cratère des gares
Et l'instant arrêté que dessine Monet
Dans les brouillards mouvants d'impatients solfatares.
Les mouchoirs de linon volettent sur les quais
Où des baisers de suie - Ô pleure ma partance ! -
Etirent sur la marche, hommes ou freluquets,
De moustachus amants au pantalon garance.
La verrière fleurit d'identiques pigeons,
Roucouleurs alarmés des ris d'une lorette
(Ombre fanfreluchant...) pour qui nous ramageons
Lorsque s'en vient le temps où le mai se muguette.
Entends l'écho pleuré des longs chuintements
De machines disant les banlieuses Cythère,
Les sylvestres amours et les dénis charmants
Ondoyés en les murs d'un feuillu baptistère...
Souris-moi de nouveau, ma blessure d'orgueil,
Trop fugace blancheur volée aux aquarelles,
Viens, nous retournerons près du pont d'Argenteuil
Et nos pas emprunteront nos anciennes marelles.
Guy Vieilfault