Esprits et démons : histoire des phénomènes d'hystérie collective

Esprits et démons
Histoire des phénomènes
d'hystérie collective
On croyait jadis dans la province de Tarente que la piqûre d'une araignée
réveillait les chagrins d'amour et pouvait se guérir par une transe musicale, les maux de l'âme trouvant un remède dans la frénésie du corps.
De tels comportements surgissent à des époques et en des lieux divers ;
au XIX<sup>e</sup> siècle, les médecins ont réuni ces phénomènes sous l'appellation
d'hystéries collectives.
Elles surviennent parfois dans des villages de montagne troublés par
les migrations saisonnières des jeunes hommes. Certaines crises sont
devenues célèbres et scandaleuses par leur ampleur et leur durée,
comme les convulsions jansénistes à Paris au XVIII<sup>e</sup> siècle ou les délires
des femmes de Morzine dans les années 1860.
En fait, ces épisodes prennent place dans une perspective d'histoire très
ancienne et qui n'a pas de fin. Dans chaque cas se dessine un théâtre dont
les modèles de personnages sont en quête d'acteurs ; ce sont des drames
prêts à jouer, que certains milieux et traditions proposent à leurs névrosés,
une sorte d'asile convenu sous le regard pitoyable des parents et spectateurs.
Leurs récits continuent d'offenser la raison, de révéler des forces étranges
et de poser des énigmes aux historiens.