
Gnagna Mokaccino et Juni Mineralwasser se sont parlé
pour la première fois dans un réfectoire.
Qui elles sont, quel âge elles ont, ce qu'elles font, cela
n'a aucune importance.
Il n'y a qu'une chose qu'il est utile de savoir.
Mokaccino aimait la façon que Mineralwasser avait de dire
"Passe-moi les poivrons". Mineralwasser voyait bien que la
couleur des betteraves n'était pas sans émouvoir Mokaccino.
(Pour le méchoui, c'est une autre histoire.)
L'amitié est née et a porté ces quelques Rauques dans
un pays où les citrons sont au fond de la mer et de la voix et
où de frêles créatures déposent leurs chaussures rouges sur
des pétales bleutés. Beaucoup d'arbres, mais la nuit parfois il
y avait le désert.
Les poèmes ont inspiré
des photographies, et les photographies
commandaient de
nouveaux poèmes. Cela
venait de cette région de derrière
les fêtes, tout au fond
d'elles, là où on trouve
comme des cordes de résonance.
Le recueil a remporté le prix littéraire de l'ENS-LSH de
Lyon en 2006 dans la catégorie poésie.