Pragmatique de l'anthroponyme dans A la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Quel statut et quelles fonctions caractérisent le nom propre de
personnage dans l'économie pragmatique de l'oeuvre littéraire ?
Philosophie et linguistique se sont longuement interrogées sur son
efficacité à référer et sur sa capacité à produire du sens. Le présent
ouvrage, faisant état des réflexions théoriques sur le sujet, les met
à l'épreuve du corpus proustien, à la fois pour en vérifier et
peaufiner la «puissance» explicative, et pour éclairer d'un jour
nouveau le système des noms propres dans la poétique de la
Recherche. La grande variété des modifications syntaxiques et
référentielles du nom propre dans le roman est telle qu'elle invite à
ouvrir l'éventail de ses effets de sens à quelques nouvelles
«figures», comme la signifiance, la notoriété et la synecdoque.
Avec ces dernières, les figures mieux connues de la métonymie, de
la métaphore et de l'antonomase se succèdent pour tracer, dans le
ciel personnel de Bergotte, Charlus, Oriane ou Albertine, la courbe
de leur trajectoire romanesque, de l'anonymat des coulisses à la
désincarnation de l'antonomase.