Loi et addiction : quand l'addiction impose sa loi, quelle loi pour l'addiction ?

L'étymologie de l'addiction nous vient du latin «ad-dicare» , soit
«dit-à» : les esclaves, qui n'avaient pas de nom, étaient «dit-à»
leur maître, en l'occurrence, le «pater familias». Au Moyen Âge,
l'addiction est une expression juridique qui signifie la mise à
disposition contrainte de la personne endettée envers son
débiteur.
Tabac, alcool, drogue, ne peuvent désormais s'apprécier
que dans l'intimité du chez-soi, et encore ? Pour autant, la
stigmatisation des substances psychotropes n'empêche
pas l'industrie chimique d'abreuver nos concitoyens de
benzodiazépines, toutes aussi addictives. La loi républicaine
serait-elle clivée ?
La sociologie décrit une économie parallèle, qui fait vivre les
exclus de la récession. Les lois mêmes, édictées de par le
monde, font la fortune de mafias qui menacent la démocratie.
Quelle législation pour l'addiction ?
Le langage instaure l'être humain comme sujet au désir, dont la
satisfaction ne peut être qu'interdite. Donc manquée, assurant
ainsi par la répétition, la pérennité de la quête de jouissance de
l'homme. L'addiction déroge-t-elle à la loi symbolique de l'être
parlant ?