Lecture sémiotico-judaïque d'A la recherche du temps perdu

Constituant l'une des thématiques centrales de l'oeuvre proustienne,
l'homosexualité l'innerve totalement. Cependant, cette prégnance ne
fonctionne-t-elle pas aussi comme paravent à cette autre source d'écriture
de La Recherche que pourrait être le judaïsme. Et si le cycle proustien était
secrètement mû par un réseau de références et de renvois aux textes sacrés et
aux préceptes juifs ? Et si le romancier, derrière les apparences chrétiennes
des milieux représentés et par-delà les personnages qui sont eux-mêmes
juifs, faisait de la religion et de la culture hébraïques l'un des leviers de sa
création et de l'entreprise mémorielle, les utilisant de manière tout autant
discrète qu'essentielle ? Voici le point de départ d'une réinterprétation des
plus justes et réceptives de l'oeuvre proustienne...
Ce que certains critiques avaient pressenti, Elias Ennaïfar l'approfondit au
sein de cet essai qui examine La Recherche à la lumière des éléments de
civilisation juive. Au fil d'une réflexion nourrie d'une nette sensibilité à
l'oeuvre de Proust mais aussi d'une réelle connaissance des textes
judaïques et des concepts clés du monde juif, nous assistons au
dévoilement d'un sous-texte proustien nécessaire pour comprendre le
décorum qui nous est soumis, et plus implicitement, les fondements de
cette oeuvre. Plus qu'à une lecture, c'est donc à une complète relecture que
nous invite l'auteur...