Lettre au garde des Sceaux pour une dépénalisation du délit d'outrage

Ces dernières années, les délits d'outrage ont connu en France
une inflation exponentielle. Un banal contrôle routier, un simple
courrier syndical, et la parole d'un citoyen se retrouve traînée
devant les tribunaux, avec à la clé de fortes amendes, sanctionnant
des délits résultant le plus souvent d'un abus d'autorité.
Et des citoyens impuissants qui, de victimes - notamment en ce
qui concerne les violences policières -, se retrouvent dans
la situation de délinquants.
Forts des enseignements de leurs propres démêlés judiciaires,
les auteurs ont choisi d'alerter l'opinion. Ils en viennent évidemment
à soumettre aux autorités la nécessaire abrogation de ce délit
d'un autre temps, où l'arbitraire le dispute à l'ubuesque. Des affaires
à suivre. Une liberté à conquérir.
Cette lettre au garde des Sceaux a été envoyée à l'ensemble des
parlementaires français.
Pour avoir comparé la politique de l'ex-ministre de l'Intérieur
à celle de Vichy, Romain Dunand a été condamné le 14 février
2008 à 800 € d'amende pour outrage à Nicolas Sarkozy.
Pour avoir contesté un abus de pouvoir d'un policier,
Jean-Jacques Reboux est jugé le 27 juin 2008 pour outrage à agent.
Leur rencontre a été rendue possible grâce au site d'information
Rue89.