Manières de vivre, manières de penser : la diversité du vivant en Occident, XVIIe-XVIIIe siècles

La notion de «diversité» du vivant n'a guère été étudiée jusqu'ici. Si on accepte qu'elle inclut également la diversité humaine, il s'agit cependant d'un concept majeur. Avec la mondialisation des échanges et les réveils identitaires et nationalitaires, la gestion de la diversité s'avère ainsi particulièrement importante et urgente.
Analysée du milieu du XVII<sup>e</sup> siècle à aujourd'hui, la diversité humaine - car c'est à elle qu'on se réfère essentiellement - sera interprétée successivement selon deux schémas réducteurs :
- en un premier temps, la réduction s'effectuera en fonction d'arborescences hiérarchiques, stables dans un temps immuable ;
- dans un deuxième temps, au contraire, le temps est vectorisé et donne sens aux changements et aux événements.
Les structures en arbres s'inscrivent d'abord dans une herméneutique délimitée par des moments originaires et légitimée par l'historicité des êtres et de leurs propriétés.
Aujourd'hui, par contre, les rapports au sein des communautés humaines s'insèrent progressivement dans des réseaux inscrits dans une dynamique temporelle rendant peu à peu caduques les représentations hiérarchiques traditionnelles.