Faut-il brûler les rites ?

Les rites remplissent d'inestimables fonctions
sociales. Les brûler - si la chose était possible -
reviendrait à détruire la part symbolique qui,
selon les anthropologues, est fondatrice
du lien social lui-même.
Mais si notre modernité occidentale est pleine
de rites, elle l'a oublié. Ils évoquent aujourd'hui
un faisceau de clichés et de caricatures : tribus
exotiques dansant autour d'un feu, une parade
cérémonieuse d'un chef d'État en visite officielle...
Pourtant le rite interroge bel et bien notre
société. Noël, Halloween, la Saint-Valentin...
Mais aussi se marier, pendre la crémaillère,
ou tout simplement inviter à diner : et si les rites
étaient omniprésents, et qu'il suffisait de gratter
un peu sous les habitudes - et la couche de
mercantilisme dont certains sont recouverts -
pour remettre à jour leur sens profond et leur
raison d'être ? Et, disons les choses clairement,
tenter d'oeuvrer à leur réhabilitation ?