Jean Jaurès, un combat pour l'Humanité : étude de sa pensée politique

Paris, Café du Croissant, le 31 Juillet 1914, à 21 heures 40 : Jean Jaurès
était assassiné, payant ainsi de sa vie son opposition viscérale à la guerre qui
allait déchirer l'Europe pendant 4 ans. À la veille de la première guerre
mondiale, le tribun socialiste mourait ainsi en martyr de L' Humanité , pour
reprendre le titre de son journal. Et l'unité de l'engagement politique de Jaurès
réside bien dans sa défense de l'humanité. En effet, du soutien à la création
de la Verrerie Ouvrière d'Albi à la défense de la Séparation de l'Église et de
l'État et de la dénonciation du nationalisme antisémite de l'époque de l'Affaire
Dreyfus au refus de la guerre mondiale qui vient, il ne s'agit que des multiples
facettes d'un seul et même combat. Et ce combat est de nature humanitaire.
Et cet engagement vaut aussi pour nous. Car, lorsqu'on songe aux millions
d'hommes vivant avec moins d'un dollar par jour, aux millions d'enfants forcés
à travailler comme des esclaves ou aux conditions de travail terribles faites
aux ouvriers dans certains pays du Tiers-Monde, personne ne peut nier
l'actualité des propos de Jaurès : «Et vous vous étonnez de la véhémence
de nos paroles, de la force de nos accusations ! Mais songez donc que nous
parlons au nom d'un siècle de silence ! Songez donc qu'il y a cent ans il y avait
dans ces ateliers et dans ces mines des hommes qui souffraient, qui
mouraient sans avoir le droit d'ouvrir la bouche et de laisser passer, en guise
de protestation, même leur souffle de misère : ils se taisaient. Puis un
commencement de liberté républicaine est venu. Alors nous parlons pour eux,
et tous leurs gémissements étouffés, et toutes les révoltes muettes qui ont
crié tout bas dans leur poitrine comprimée vibrent en nous, et éclatent par
nous en un cri de colère qui a trop attendu et que vous ne comprimerez pas
toujours.»