Mouvement ibérique de libération : mémoires de rebelles

Le MIL, 1000 en espagnol ou Movimiento Iberico de Liberaciòn,
est connu avec la campagne de solidarité et surtout, après l'exécution
de l'un de ses membres, Salvador Puig Antich, le 2 mars 1974. Ce dernier
sera souvent présenté comme un martyr de la lutte contre la dictature...
La réalité est bien plus complexe, l'histoire même du MIL fait voler en
éclat ce cliché consensuel et réducteur du groupe antifranquiste.
Liée à l'émergence d'un mouvement ouvrier radical à Barcelone
et à la contestation qui a secoué le monde à la fin des années 1960,
son action se traduit par une volonté d'amener un soutien concret aux
luttes et de publier à la fois des analyses sur ces dernières et des textes
oubliés de la gauche communiste européenne très critique avec le
stalinisme et le marxisme léninisme...
Derrière les hold-up et les publications, c'est aussi une aventure
humaine où l'amitié va au delà du politique. En même temps qu'ils
forgent le MIL, les acteurs apprennent à vivre en rupture avec le mode
de vie dominant. C'est l'apprentissage du combat politique et de la
clandestinité avec son lot de certitudes, de questions, avec ses moments
de joie et ses dangers. Une tranche de vie avec un désir farouche de se
construire en hommes libres..