Le pouvoir noir en question : des esclaves de la traite atlantique à leurs épigones du XXIe siècle

Nous n'avons jamais tant parlé de Pouvoir en dépit du
sentiment d'impuissance qui nous saisit devant une amère
réalité. Le Pouvoir est pourtant en chacun de nous, s'offrant
comme l'opportunité de faire, de changer, ces mille et une
choses qui nous défient.
Parlant du Pouvoir Noir, ce que cet essai met en lumière est
résumé par cette interrogation : de Toussaint-Louverture
à Robert Mugabe, comment passe-t-on du Pouvoir du
« Nèg' Marron » - capable d'initier des rébellions conduisant de
la liberté d'un peuple d'esclaves, à l'engendrement d'États -, à ces despotes convaincus de démocratisme, bien assis sur
une culture de l'inégalité, bien carrés dans leurs certitudes du droit de disposer à vie, des rênes de ce Pouvoir sur leurs
sujets ? Ne pourrait-il s'agir que de folie ordinaire ou de crainte du :« Out of Power, out of money » ?
Cet essai distingue pour cela deux formes : d'abord le Pouvoir rudimentaire porté par le désir d'Être de celui qui ne possède
aucun des biens de ce monde. Car ce désir lové au profond de sa chair, convoie cette prodigieuse volonté de résistance
« aux vents mauvais », et s'illustre dans une panoplie de ruses, de subtilités, et d'accommodements à la vie. D'où le
refus de toute « servitude volontaire » et la rébellion qui s'ensuivent, comme manifestation du Pouvoir dont nous pouvons disposer pour redresser la barre. Car il est aussi question de ce Pouvoir à qui nous sommes redevables d'être présents aujourd'hui, en tant que peuple.