La tragique éradication du christianisme cathare : une solution finale au XIIIe siècle

Le christianisme cathare s'était nourri de certaines composantes
fondamentales de la gnose paléochrétienne ainsi que des pulsions
réformatrices qui marquèrent les alentours de l'an Mil. Il s'était
établi librement en Occitanie, constituant une contre-Eglise
dissidente qui avait pour vocation de se substituer à la fausse Eglise
de Rome, et, renonçant à tout pouvoir temporel et à toute richesse,
se proposait de restaurer la pureté et la simplicité de la tradition
évangélique originelle. Vingt ans de croisades cruelles n'eurent
pour effet que d'assurer la mainmise capétienne sur le Languedoc,
constituant le plus tragique épisode de la constitution de la nation
française. Mais la guerre ne réussit pas à affaiblir la dissidence
cathare, qui ne put être éradiquée que par la violence continue
exercée par l'institution policière et répressive ad hoc créée par la
papauté, l'Inquisition. Il y fallut un siècle.