Sauver le bonheur

Sauver le bonheur

Sauver le bonheur
Éditeur: Cerf
2003175 pagesISBN 9782204071406
Format: BrochéLangue : Français

«La "fragilité" du bonheur en fait pour une part tout

son prix. Il ne faudrait pas cependant que la maladresse de

son désir en éloigne par trop. Aussi bien, l'homme a-t-il

toujours été attentif à sauver le bonheur. Ce qui peut

tromper dans la quête du bonheur, c'est notamment ce

que la psychologie et la sociologie d'aujourd'hui appellent

tantôt l'immédiatisme ("tout, tout de suite"), tantôt

l'illimitation du désir ("il est interdit d'interdire"), tantôt

la tentation du fusionnel, où l'on croit pouvoir faire fi des

différences, des manques et des frustrations. Dans tous les

cas : une difficulté à s'inscrire dans la patience de la durée.

Ce qui est oublier que l'être humain appartient précisément

à la durée, qu'il ne peut se construire, et donc sauver sa

quête de bonheur, que s'il est capable, sans nier le présent,

de mettre un écart, une distance entre lui et ses pulsions,

pour que celles-ci, pulsions de vie, ne deviennent pulsions

de mort.

Le christianisme a-t-il mot à dire dans cet effort pour se

réapproprier le bonheur ? Oui sans doute et singulièrement

à la faveur de sa conception eschatologique du temps.

L'eschatologie est cette conception du temps qui, sans nier

la réalité actuelle, consiste à mettre celle-ci en rapport

avec une dimension d'horizon permettant de faire distance

- distance salutaire - avec l'immédiat trop abrupt. De

donner du temps au temps. La tension eschatologique

pourrait ainsi jouer le rôle d'un véritable principe de réalité ,

rappelant l'heureuse contrainte des limites dans

l'élaboration même du bonheur, pour contrer les délires

de l'illusion et de l'immédiatisme.

Dans ce colloque interdisciplinaire consacré au bonheur,

outre l'apport de trois théologiens (Anne Marie Reijnen :

les puritanismes et le bonheur ; Joseph Famerée : la requête

du bonheur dans l'histoire chrétienne ; Paul Scolas :

l'eschatologie comme pensée du bonheur), nous avons fait

appel à un spécialiste des mythes bibliques pour nous parler

des somptueux récits narratifs de bonheur (André Wénin) ;

à un philosophe pour nous éclairer sur la longue tradition

de recherche du bonheur en christianisme (Jean-Michel

Counet) ; à un critique d'art, pour nous montrer

l'exubérance du bonheur dans la fresque sixtine de

Michel-Ange (Jean-Pierre Mondet) ; à un écrivain et poète,

pour nous aider à réinventer la vie par le pouvoir de

l'imagination et la magie de la création littéraire (Colette

Nys-Mazure).»

A. Gesché.

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