Le nouveau code pénal : 20 ans après : état des questions

Les audits sont à la mode et le Code pénal ne saurait y échapper, y étant
même assurément voué à chaque décennie d'existence. Avec vingt ans de vie,
il dépasse enfin les dix-huit ans de sa laborieuse gestation. S'il a pu
s'émanciper de son ancêtre avec la perte de l'adjectif « nouveau », étant
devenu le Code pénal, il n'en est pas moins un majeur fragile. Que de
contraintes en effet n'a-t-il pas à subir ! L'implacable tutelle des contrôles de
constitutionnalité et de conventionnalité, les caprices du législateur qui ne
cesse d'empiler les réformes, les audaces du juge dans son pouvoir
d'interprétation. Par ailleurs les grands principes du droit pénal, fièrement
proclamés par le Code, ne sont-ils pas vacillants ? Et il y aurait beaucoup à
dire sur les infractions qu'il contient, quelques échantillons étant à cet égard
éloquents. Le Code pénal n'est-il pas de surcroît inachevé, avec cette
enveloppe quasi vide qu'est son cinquième livre ? Et peut-on lui reprocher de
n'appréhender qu'une partie du droit de la peine ? Pire, serait-il déconnecté
de la criminologie ?
Le colloque du 20 mars 2014, fruit de l'heureuse initiative de Laurent Saenko ,
a apporté des analyses éclairantes sur toutes ces questions fondamentales
qui révèlent pour le moins un destin agité. En tout cas, dorénavant, il ne reste
plus au héros du jour qu'à tenir encore 164 ans pour atteindre la longévité de
son aîné. Mission impossible !?