L'âge d'or du conte de fées, 1690-1709. Vol. 1. Le cercle des conteuses. Vol. 1. Contes des fées. Contes nouveaux ou Les fées à la mode

De la fin du règne de Louis XIV à la Révolution française, une
exceptionnelle floraison de conteurs et de conteuses s'adonne au
conte merveilleux sous toutes ses formes. Au sein de cette production,
M<sup>me</sup> d'Aulnoy occupe une place remarquable : elle n'est
pas seulement l'initiatrice, dès 1690, de cette vogue qui s'épanouit
dans les salons, voire à la Cour, dans la dernière décennie
du XVII<sup>e</sup> siècle. Elle constitue également, par l'ampleur et l'originalité
de sa production féerique, l'une des représentantes privilégiées
de ce genre alors majoritairement pratiqué par des femmes.
Elle illustre en effet la naissance du conte féminin, terrain d'épanouissement
d'une écriture mondaine et galante souvent
empreinte de romanesque. Plus largement cependant, c'est au
carrefour des cultures orale et écrite, populaire et littéraire,
ancienne et moderne que ces contes puisent leur inspiration, leur
esthétique, leur poétique ainsi que leur riche imaginaire.
Les amateurs de féerie ne s'y trompèrent pas : ils plébiscitèrent
les vingt-cinq contes de fées de M<sup>me</sup> d'Aulnoy, dont le succès
fut immédiat et durable. Traduits en anglais avant ceux de Perrault,
plus souvent réédités, au XVIII<sup>e</sup> siècle, que ceux de l'illustre
académicien, ils furent également salués, exploités voire pillés
par les conteurs ultérieurs. Mais ils subirent aussi le contrecoup
d'une double dépossession : la relégation aux rayons souvent
dépréciés de la littérature enfantine ; et leur récupération par une
culture populaire peu soucieuse de ses sources. C'est à la redécouverte
de ces contes de fées qu'invite donc le présent ouvrage,
première édition critique, en un volume, de l'intégralité des
contes et de leurs récits-cadres.