Pierre de Coubertin

Grâce aux archives familiales, dont la correspondance de
Coubertin avec ses pairs du CIO (Comité international
olympique), Daniel Bermond livre une biographie non
conformiste du fondateur des jeux Olympiques modernes.
Car l'aventure des Jeux, c'est d'abord et surtout un combat.
Contre l'Angleterre qui considère le sport comme une chasse
gardée nationale ; contre la France qui ignore Coubertin et snobe
les Jeux de 1900 à Paris ; contre les fédérations sportives qui
tolèrent mal la tutelle olympique ; contre les Etats après 1918,
quand ceux-ci - réalisant enfin l'impact des Jeux - veulent les
accaparer.
Coubertin dérange car il pratique l'art du contrepied. Descendant
d'une famille légitimiste, il se convertit à la République ; au lieu
de communier à la supériorité de la méthode allemande unanimement
célébrée dans la France battue d'après 1870, il prend
pour référence l'éducation à l'anglaise et sa pratique du sport ;
plutôt que de tabler sur les institutions et les deniers publics, il
se sert de son argent et de son entregent et n'hésite pas à s'exiler
à Lausanne ; mis à l'écart après 1925, ruiné, le républicain
patriote fait une dernière fois parler de lui en défendant la tenue
des Jeux à Berlin en 1936, malgré ou plutôt à cause de Hitler.