Déchiffrer les cendres : poèmes. Quelques fragments d'une réflexion sur la poésie de Jerzy Ficowski : postface. Photographies des lieux

Déchiffrer les cendres : poèmes. Quelques fragments d'une réflexion sur la poésie de Jerzy Ficowski : postface. Photographies des lieux

Déchiffrer les cendres : poèmes. Quelques fragments d'une réflexion sur la poésie de Jerzy Ficowski : postface. Photographies des lieux
200592 pagesISBN 9782951662742
Format: BrochéLangue : Français

Jerzy Ficowski étonne par

l'étendue de ses connaissances et

par la qualité de ses engagements.

Pour la cause de la poésie tout

d'abord : il est un des plus grands

poètes polonais vivants, enfin

universellement reconnu à quatre-vingts

ans, mais aussi un traducteur

inspiré de la poésie roumaine,

dalmate, espagnole, russe...

Et le porte-parole en Pologne

de la poésie tsigane et juive.

Il a découvert, traduit, défendu la

poésie des tsiganes polonais et sa

porte-parole Papusza. Il est le

"découvreur" de Bruno Schulz qui,

sans ses efforts incessants, n'aurait

pas subsisté dans la mémoire littéraire

du monde. Il a traduit la

poésie populaire juive et aussi les

poètes yiddish, tant d'avant-guerre

que de l'Anéantissement, comme

Itshak Katzenelson et son Chant du

peuple juif assassiné. Et surtout -

sommet de la compassion et de

la solidarité humaine - il s'est lui-même

fait poète de la Shoah, dans

ce recueil Déchiffrer les cendres qui

est enfin aujourd'hui mis sous les

yeux du lecteur francophone.

Quelques fragments de réflexion

sur la poésie de Jerzy Ficowski

(...) À chaque pas nous

sommes témoins de "l'exécution

de la mémoire". Cette multiplicité

des significations du silence

atteint le noyau même de

la poésie :

je voudrais me taire seulement

en me taisant je mens

je voudrais aller seulement

en marchant je piétine

(...) Et ces éléments,

qui s'étonnent mutuellement,

se lient comme souvent chez

Ficowski, en des visions mi-moqueuses

mi-attendries, et

provoquent un choc violent. Ce

qui lève ce poème - comme on

lève les sourcils - c'est l'immense

étonnement, un cri d'étonnement

: cela est donc arrivé, cela

a pu arriver !

(...) Tendresse des prénoms.

Tendresse de la mémoire.

Tendresse des deux mères, la

juive et la polonaise du beau

poème Tes mères toutes les deux ,

dédié à sa femme Bieta.

Anna Kamienska

Sur mon ami Jerzy Ficowski

(...) Il me semble que c'est

Mnémosyne qui est la muse de

la poésie de Ficowski, pour

parler plus simplement - la

mémoire. Nous avons l'amère

conviction que l'écriture, fût-elle

la plus noble et la plus

saisissante, n'est pas en mesure

de sauver le monde, ni même un

seul être humain. Mais de cette

infirmité il faut tirer une conclusion

positive : il n'est ni force ni

instance qui puisse nous libérer

du devoir de stigmatiser le crime

et de parler au nom des victimes.

(...) Dans Déchiffrer les

cendres , Ficowski a accompli un

exploit en apparence impossible

- il a donné une forme artistique

convaincante à quelque chose

que la parole ne peut embrasser.

Il a rendu aux anonymes un

visage humain, une souffrance

humaine individuelle, et donc il

leur a rendu la dignité (...).

Zbigniew Herbert

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