De l'escarpin au stiletto

Qu'ils soient aiguilles ou anglais, à gorge, en bobine,
en boule ou en cage, nous aimons les talons ! Étraves,
pyramides ou cubains, ils invitent aux voyages !
Délicieusement dangereux quand ils se font lame,
torpille, épine ou choc ! Parfois compliqués quand ils sont
escamotables ou télescopiques ! Cancan, ils nous font
tourner la tête ! Cintrés, ils nous la font perdre ! Nous nous
plaisons à les voir : escargot, pied de biche, polichinelle !
Virgule, ils nous apostrophent !
Adulée ou diabolisée, la chaussure à talon ne laisse
personne indifférent. Polymorphe et empreinte de pouvoir,
cette marque d'élégance est initialement réservée à
l'aristocratie, la chaussure à talon ayant longtemps été
un emblème d'appartenance sociale. Au XX<sup>e</sup> siècle,
les femmes s'accaparent définitivement des talons, qui
deviennent ainsi un symbole de féminité. Depuis, et malgré
les assauts de leurs opposants, les talons n'ont cessé de
croître en popularité comme en hauteur.
Ce piédestal leur donne l'assurance et l'allant nécessaires
pour interagir avec un environnement toujours plus
complexe. En témoignent ces femmes sur le blog de
L'Express : «... je domine tout le monde, ça m'amuse de
voir les hommes lever les yeux vers moi», «Je ne peux
pas négocier un contrat si je ne suis pas en talons», «Mes
talons agissent comme un booster. Je suis sûre que je
suis meilleure», «On ressent mieux notre corps, il est plus
présent, plus séducteur»...
Enfin, ce début de XXI<sup>e</sup> siècle voit se débrider l'imagination
des créateurs, qui explorent de nouvelles formes,
matériaux, technologies...
Tout distingue la chaussure à talon des autres chaussures,
elle est unique, tout comme la femme qui la porte et
se démarque.