Regards européens sur l'accueil familial : affaire de famille(s) ? enjeux institutionnels ? : actes des 19es Journées d'étude de l'Association nationale des placements familiaux. European views on foster care : family matters ? Institutionnal ones ?

Depuis 1977, la France a opté progressivement pour la reconnaissance
du métier d'accueil d'enfants en difficulté, jusqu'à en faire, en 2005, une
profession à part entière du travail social.
Les journées d'études de Strasbourg de l'ANPF ont interrogé la
professionnalisation, son intérêt, mais aussi les écueils à éviter, afin de
préserver la richesse de l'accueil familial, quand il est intégré dans un
dispositif structuré en entité de placement familial.
La professionnalisation n'est somme toute qu'une étape sur la très
longue route qui se dessine pour faire sortir les familles d'accueil de
l'isolement et des incompréhensions parfois tenaces entre les assistants
familiaux et les autres métiers du placement familial. Ainsi pourrait
émerger un sentiment de reconnaissance sociale visant, par l'accès à
des connaissances partagées, par une autre intégration dans le travail
d'équipe, à s'adapter à des problématiques individuelles et parentales de
plus en plus complexes.
La professionnalisation ne peut se résumer à des normes
professionnelles, nécessaires mais jamais suffisantes : la reconnaissance de
l'implication affective reste au coeur de l'accueil familial. Elle nous ouvre
des pistes créatives pour entendre la part de l'expérience intersubjective
entre l'accueillant et l'enfant, avec lequel s'établit un partage de vie. En
quoi la professionnalisation va-t-elle contribuer à développer le travail de
compréhension de ce qui se passe et se joue dans l'accueil d'un enfant
partagé entre deux familles, en lien avec les équipes ?
En quoi la formation des assistants familiaux réinterroge d'abord
le sens même du projet de placement familial, mais aussi la formation
de tous les intervenants en placement familial, jusqu'à la formation des
formateurs eux-mêmes ? D'autres pays européens sont confrontés à la
nécessité de former les accueillants pour s'adapter à la complexité des
problématiques. Des collègues originaires d'Allemagne, de Belgique,
de Bulgarie, d'Espagne, du Luxembourg, de Pologne, du Royaume-Uni
et de la Suisse sont venus exposer et confronter leurs pratiques et leurs
réflexions avec les nôtres sur la difficile et passionnante question de
l'accueil familial.