Montaigu : ville d'histoire, IVe-XXe siècle

Certains lieux semblent marqués, de tout temps, par l'empreinte de l'histoire : ainsi en est-il de Montaigu, cité vendéenne qui commença à exister réellement au moment où les Normands envahirent la région, saccageant les abbayes, détruisant les maisons et forçant les ancêtres des Montacutains d'aujourd'hui à se créer «un nouveau foyer», sur un roc qui dominait toute la région environnante : cet enfantement dans la douleur forgea son destin, des fortifications furent dressées et des seigneuries se constituèrent. Après des débuts obscurs au sujet desquels une charte de 1076 évoque un certain «Maurice Girard, fils de Girard, de Monte Acuto», c'est Brient de Commequiers qui inaugure réellement la lignée seigneuriale, en 1119 ; elle s'achèvera, près de sept siècles plus tard, avec Jacques-Gabriel-Louis Le Clerc, marquis de Juigné (1727-1807).
Entre temps, que de péripéties guerrières, avec les intrigues anglaises qui se manifestent très tôt dans le Poitou, la succession de Charles IV (en 1328) qui engendre une crise majeure entre la France et l'Angleterre et la guerre de Cent Ans, dans laquelle la cité sera souvent jetée, sauvée de la destruction, en 1373, par Olivier de Clisson, le connétable ! Mais les hostilités se poursuivront sous le règne de Charles VI, avant que Jeanne d'Arc et Charles VII ne redonnent foi à la France et qu'un nouveau seigneur à Montaigu, Jean Harpedene, ne restaure l'activité dans la ville, fondant la collégiale et jetant les bases d'une instruction publique.
En 1468, Louis XI engage Louis de Belleville, seigneur de Montaigu, à fortifier la ville et cinq ans plus tard, il intègre la cité à la Couronne de France en échange de compensations pécuniaires et territoriales. A partir de 1562 les guerres de religion ravagent les provinces de l'Ouest : les églises, la collégiale, les presbytères montacutains sont livrés aux flammes. Au gré des désordres et des ralliements, Montaigu sera au cœur des combats jusqu'à la fin du siècle. C'est plusieurs décennies plus tard que la vie religieuse s'apaise et se réorganise, avant la Révocation de l'Edit de Nantes (1685). La première moitié du XVIII<sup>e</sup> siècle est faite d'«années calmes pour Montaigu», mais la Révolution, la guerre de Vendée et les troubles qui suivirent précipitent la cité et la région tout entière dans un véritable cauchemar de violence : à partir de 1793, on se bat et on tue dans la cité, d'abord prise par les insurgés, puis reprise par les Républicains et dans les contrées environnantes. La capture et l'exécution de Charette, en 1796, ne mettront pas véritablement un terme au conflit, puisqu'un nouveau soulèvement aura lieu trois ans plus tard et par la suite, les plaies seront longues à cicatriser. La duchesse de Berry reçoit un accueil triomphal le 1<sup>er</sup> juillet 1828, mais la vie continue et pour Montaigu le Second Empire sera une époque de grands travaux...