Chemin venel

Chemin Venel : tout en était parti et tout s'y était refermé...
Dans l'intervalle, s'était dessiné le destin flamboyant de Nelly
Aubry devenue diva. Ses premiers récitals furent donnés au Jardin
anglais de Genève où là, elle inventa l'attitude «main sur le coeur».
Presque par hasard, de toutes ces envolées lyriques et de cet abandon
aux caprices était née une fille, conçue lors d'un séjour dans
un palace de la Riviera. L'enfant grandit et, entre deux départs de
sa mère, est abandonnée à la virtuosité de son imagination et aux
toutes puissantes absences de ses grands-parents.
Avec Marcelle, pianiste excessive, passionnée et occasionnellement
mariée à un médecin bulgare, se noue une magnifique complicité
qui les emmènera dans d'irrésistibles tournées... Voyages percutants
dans l'Allemagne renaissante et brune des années trente et
dans les ors baroques des villes slaves de l'Est.
En 1941, Nelly Aubry mettra son talent à disposition d'un projet
patriotique, «La Cité sur la Montagne». Avec une troupe de théâtre
militaire, elle apportera son chant et la bonne parole aux diverses
garnisons qui attendent l'invasion.
La fatalité conduira ensuite Nelly Aubry et sa pianiste à Budapest
où elles seront arrêtées par la Gestapo avant de rejoindre le petit
camp de Rechlin. Heureux hasard, le commandant, Werner Richter,
est un homme fin qui apprécie Schubert. S'ensuivra une fascination
réciproque qui deviendra pour elle et pour lui une forme de
rédemption.