Le jardin, terre de rêve en suspens entre terre et ciel ou La source, le mont, l'arbre et l'oiseau (serpent) : essai de lecture des prémices imagées du jardin dans l'art de la Haute Antiquité du Moyen-Orient. Vol. 1

Le jardin, terre de rêve en suspens entre terre et ciel ou La source, le mont, l'arbre et l'oiseau (serpent) : essai de lecture des prémices imagées du jardin dans l'art de la Haute Antiquité du Moyen-Orient. Vol. 1

Le jardin, terre de rêve en suspens entre terre et ciel ou La source, le mont, l'arbre et l'oiseau (serpent) : essai de lecture des prémices imagées du jardin dans l'art de la Haute Antiquité du Moyen-Orient. Vol. 1
2015502 pagesISBN 9782951785021
Format: BrochéLangue : Français

Terre de jouvence , le jardin exalte le renouveau continu de la nature dans ses

rythmes et ses manifestations, en prise avec le grand agencement cosmique qui à la

nuit fait succéder le jour, à l'ombre la lumière, à la mort la vie, dans une régénération

continue.

Terre matricielle , il accueille en son sein la figure de l'énigme par excellence : le

surgissement de la vie qui porte en elle les germes de son déclin et conduit à la mort,

annonciatrice d'une nouvelle vie dont témoigne le cycle annuel de la végétation.

Terre matricielle de jouvence , en phase avec le grand cycle cosmique de l'ombre

et de la lumière dont la végétation est emblématique dans son devenir cyclique, le

jardin est l'emblème de la métamorphose et de la création permanente au coeur de

la mutation universelle.

Espace matriciel du surgissement de la vie , le jardin est un espace médian qui sépare

et unit la potentialité et son actualisation, le non-être et l'être, l'ombre et la lumière ;

le retour au non-être, à la potentialité, à l'indéterminé étant le passage nécessaire

conduisant à un nouvel accomplissement, au renouvellement et à la régénération.

Énigme qui fait du jardin à la fois un lieu de dissolution, d'absorption dans le non-être

et d'éternel renouveau de l'être.

C'est cette énigme, ancrée au plus profond des représentations du monde du

cosmothéisme de la Haute Antiquité du Moyen-Orient, portant sur la dissolution et

le renouvellement , sur la récurrence au coeur de la mutation universelle de la vie, qui

flue en un dépassement toujours dépassé, que nous nous proposons d'accompagner,

au gré des questionnements et des réponses que les grands foyers de civilisation qui

ont rêvé les jardins : l'Égypte, la Mésopotamie, la Grèce et l'Iran, lui ont apporté

entre la fin du Néolithique (VII<sup>e</sup>-VI<sup>e</sup> millénaire) et l'avènement de l'empire perse, qui

déploie sa domination sur l'ensemble du Moyen-Orient à la charnière des VI<sup>e</sup> et V<sup>e</sup>

siècles avant notre ère.

Notre propos ne sera pas de retracer l'histoire de l'art des jardins dans ces aires

de civilisation, mais de les interroger, au long de leurs parcours, afin d'appréhender

la façon dont chacune rêva le jardin , pour en faire - à l'aide d'une tétrade de signes

conventionnels : la source , le mont , l' arbre et l' oiseau (serpent) - le symbole d'une

«Terre de rêve», «en suspens entre terre et ciel», qu'elle soit «jardin funéraire»,

en Égypte, «jardin du prince» ou «jardin du philosophe», en Mésopotamie et en

Grèce, ou encore «temple-dans-un-bosquet» ou «jardin-paradis» en Élam ou en

Perse, sur le Plateau iranien.

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