
Après une jeunesse difficile dans le New York des années 1950, Tom débute sa
carrière sanglante en usurpant l'identité de Dickie Greenleaf, un jeune milliardaire
insolent. C'est à coups de rame qu'il le tue, au large de la Méditerranée.
Quelques années plus tard, on le retrouve marié à une riche Française, Héloïse.
S'il mène une vie oisive et discrète en Seine-et-Marne, Ripley n'en sillonne pas
moins le monde, de Londres à Salzbourg, de Munich à Milan. Faussaire, voleur,
chef de bande, toujours il suivra son désir plutôt que l'ordre du monde.
«Qu'on ne s'y trompe pas : il n'est pas prétentieux, Tom. Il essaie sur lui les
éléments épars, pêchés au hasard, d'une autre vie, comme on essayerait un
veston de bonne coupe ou un couvre-chef de qualité. Si d'autres hardes
conviennent, elles feront tout aussi bien l'affaire. Tel un petit Jésus, Tom est nu.»
Qui est donc Thomas Phelps Ripley ? Aventurier, imposteur, criminel
multirécidiviste ? Simplement un homme que l'on croyait lorsqu'il inventait sa vie
en empruntant celle des autres.
Hommage de romancier ou subtile autodérision de Paul Pavlowitch à l'égard de
cet autre lui-même : Émile Ajar, prix Goncourt 1975 et auteur des romans à succès
de son oncle Romain Gary ? Pavlowitch ne pouvait qu'aimer Ripley avec qui il
partage une aversion totale pour le principe de réalité et une prédilection pour la
musique de Mendelssohn.