Si j'étais moi. La coche indécise

Si j'étais moi... est le récit d'un voyage, d'une cavale, d'un
exil. De la Bourgogne à la Hollande, les halls de gare sont
peuplés de fantômes en transit, les trains ne mènent nulle
part. Le criminel entame une quête désespérée pour
retrouver, derrière l'ivresse du voyage, l'épaisseur du réel :
«Il me faut une lame pour tailler le monde, et merde ! Un
grand coup de schlasse dans toute cette buée ! Le réel c'est
autour de nous mais c'est si mystère qu'on veut pas le
mirer. C'est là, devant le pif, ça se sent dans le rêve et c'est
partout.»
La langue est haletante, la phrase se brise, à bout de
souffle, pour s'arrêter sur une ultime condamnation. Le
voyageur comparaît devant ses juges. Mais pour quelle
faute au juste ? Réduit au silence et à la camisole, il ne reste
qu'à s'inventer là où les mots ont échoué : «Si j'étais moi,
ce serait les blancs entre les lettres.»