Des mots de voile et de vent : un langage oublié

Abeaussir, bernigal, bonnevoglie, bourgeron, cap-de-mouton,
charivari, estrette, fémelot, gaillardet, machemoure, taille-mer...
mots oubliés de la marine à voile.
Le langage de la marine à voile s'est constitué au cours des
siècles, en marge du langage courant, auquel il n'a emprunté
que très peu. Totalement original, il se caractérise par une
extrême précision, un vocabulaire foisonnant, somptueux,
une gouaille omniprésente.
Avec la disparition de la voile de travail, au début du XX<sup>e</sup> siècle,
ce parler prodigieux s'est tu brusquement ; d'autres mots
ont couru sur la mer. Tout un pan de notre patrimoine
linguistique s'est effondré, parce que les mots de la voile
étaient devenus inutiles ; depuis, ils sombrent dans l'indifférence,
ils naufragent...
L'auteur a recueilli quelques survivants de cette débâcle,
une farandole de vocables et tournures de la marine à voile.
Des mots, expressions et dictons qui faisaient la succulence
des conversations, sur le tillac ou dans les bouges à matelots.
Il les fait revivre un instant à travers leurs définitions et les
réflexions qu'ils inspirent. Pour le plaisir, et aussi parce qu'il
est d'usage de ne jamais abandonner ceux qui sont en perdition...