Du sucre à Erstein : un siècle d'une aventure humaine et industrielle

Selon une vieille légende, les dieux ont décidé d'abandonner l'homme à lui-même, mais pris de pitié au dernier moment, ils auraient lancé sur la Terre quelques graines de cannes à sucre.
Comme celles des meilleures épices, ces graines tombèrent en Asie. C'est ainsi que le sucre prit une place de choix dans les caravanes qui sillonnèrent l'Europe du Moyen-Age, les bateaux des Arabes, des Vénitiens... et des Anglais à l'occasion du Blocus Continental.
Par décret du 25 mars 1811, Napoléon fait ensemencer 32 000 hectares en betteraves, dont 3 000 hectares dans le Bas-Rhin et 1 000 dans le Haut-Rhin.
Après la chute de l'Empire, les lobbies coloniaux reviennent en force: faute de pouvoir interdire sa production, le sucre de betterave sera lourdement taxé. Il survivra grâce à de spectaculaires progrès industriels et agronomiques.
La Sucrerie Alsacienne d'Erstein sera créée en 1893 en pleine période de surproduction; un exemple encore bien actuel des risques et des espoirs de toute création d'entreprise.
Son héritière, la S.A. des Sucreries et Raffineries d'Erstein, transforme aujourd'hui 100 000 tonnes de sucre par an. Au travers d'allers-retours entre la «grande histoire» et les initiatives courageuses de quelques hommes, cet ouvrage retrace la construction d'une entreprise, ancrée dans sa région et son époque.