Lumières, n° 9. Echecs et réussites du joséphisme

La décennie joséphiste (1780-1790) continue de fasciner et
d'interroger. Dix ans avant la Révolution, l'empereur Joseph
II tente une grande politique de réformes qui semble mettre
en pratique une partie de la philosophie des Lumières. Ce
n'est pas un gouvernement éclairé, c'est le gouvernement
des Lumières. Bien sûr, les désillusions ne tarderont pas,
mais cette tentative plus de deux siècles après retient encore
l'attention et passionne au-delà de l'objet historiographique.
Assurément, il faut se garder d'isoler ces dix années et songer
aux continuités qui trament la longue durée. Et il est des
réformes qui transcendent la décennie joséphiste et relèvent
du processus de modernisation des administrations et des
sociétés à l'oeuvre dans toute l'Europe. Mais on ne doit pas
oublier non plus le vécu certes divers mais dans l'ensemble
convergent des contemporains de ces réformes qui eurent le
sentiment d'une rupture et d'une nouvelle ère.
C'est donc l'examen d'un certain nombre des réformes
lancées pendant cette décennie que propose ce numéro de
Lumières qui rassemble les communications d'un colloque
franco-autrichien où chercheurs des deux pays ont confronté
leurs points de vue. On ne pouvait être exhaustif, on a donc
retenu quelques éléments particulièrement significatifs qui
peuvent nourrir le débat toujours recommencé sur la part
d'échecs et de réussites de ces dix années exceptionnelles.