Souveraineté et impuissance dans l'oeuvre de Robert Walser

L'oeuvre de Robert Walser (1878-1956) a déjà suscité nombre
d'analyses critiques, et la résistance que les personnages
opposent au monde qui les entoure a maintes fois été soulignée.
Pour autant, le sujet est-il épuisé ? L'auteur de ce
livre ne le pense pas.
S'inspirant essentiellement de la théorie systémiste développée
par le sociologue allemand Niklas Luhmann, il s'interroge
sur les spécificités de cette «souveraineté» que la critique
croit pouvoir discerner chez l'auteur suisse. Cette attitude,
qui se manifeste dans l'univers du travail et dans les relations
amoureuses, mais aussi dans le rapport de l'écrivain à
l'écriture, ne se heurte-t-elle pas cependant à des limites et
cet individualisme intransigeant ne fait-il pas surgir les risques
de la solitude et du non-sens ?
La théorie luhmannienne, qui conceptualise les rapports
entre système psychique et système social et accorde une
place privilégiée à l'examen des conditions nécessaires à
une communication réussie, se révèle particulièrement apte
à servir d'outil dans l'étude d'une oeuvre prise entre désir
et refus de dire le monde et le moi.