Regards croisés sur la frontière dans les sciences de l'homme et de la société

Pourquoi parler de frontière de nos jours ?
Avant tout à cause d'un paradoxe : plus les frontières ont été bannies et
anéanties (voir par exemple le mur de Berlin, la division de l'U.R.S. S., etc.)
plus leur invisibilité leur a donné une existence paradoxale. Ce manque de
division spatiale se fait présence symbolique qui enrichit et favorise les
contacts, les échanges, les relations. En même temps, au nom des anciennes
frontières, on assiste à des phénomènes de clôture, de division et d'exclusion
qui ressurgissent à l'époque contemporaine.
En tout cas, c'est une volonté de partage, de «dépassement de frontières»
qui a inspiré la thématique du colloque des doctorants de l'année 2006. Cette
transversalité a été conçue sur deux niveaux. D'une part, l'intention de
repenser d'une façon différente la frontière comme nouvelle possibilité de
«vivre entre deux» espaces, langues, identités, codes, fictions. D'autre part
la curiosité de «voir ailleurs», outre la frontière, et s'ouvrir aux différentes
approches théoriques, typiques de chaque domaine disciplinaire.
L'interdisciplinarité, base essentielle de cette journée, a permis un regard
croisé sur cette problématique et en même temps a engagé un dialogue au
carrefour de différentes matières : la littérature, la géographie, le droit,
l'économie. Un constat est apparu évident : c'est dans le dialogue et dans
l'échange que chaque discipline trouve son esprit unificateur et toute sa valeur.
En effet, les différents biais théoriques ont mis en évidence des caractéristiques
communes et des sources enrichissantes pour chaque discipline.
Ce deuxième numéro de la revue «Constellations», consacré aux travaux
des doctorants de l'Université de Limoges, est aussi une ouverture sur les
recherches doctorales qui se font dans les diverses équipes de travail.