Blanche Amagat : histoire d'une femme libre

Paris. Fin du deuxième millénaire. Belleville, Ménilmontant.
La mort du XX<sup>e</sup> arrondissement.
Au milieu de la destruction systématique des derniers quartiers
populaires, quelques fleurs de salpêtre : Jeanne, Loulou... et
l'histoire fantastique de Blanche Amagat.
Née à Bergerac en 1895, elle est la fille d'une prostituée et d'un
maquereau, recherché comme un dangereux malfaiteur, qu'elle n'a
jamais connu. Après une enfance scabreuse à Tours, déflorée par
un des amants de sa mère à 14 ans, elle n'a pratiqué que "le seul
métier qu'elle ait vu dès sa plus tendre enfance".
Elle monte à Paris, apprend les danses acrobatiques, russes et
cosaques. Vit à Londres de 1910 à 1915, puis se produit dans tous
les plus grands cabarets, casinos et salles de spectacles de France
et d'Europe, des années 1915 à 1920. N'a jamais quitté son fils,
Jean, arrière-petit-fils de Charles Dickens, né en 1916. Elle paye
ses amants mais "aucun homme ne m'a jamais fait jouir" dit-elle.
Après 1945, Blanche devient brocanteuse, puis vendeuse de fleurs
devant l'hôpital Saint Louis à Paris et finit sa vie dans un squatt
sous les toits, avec son fils et ses 23 chats qui leur servent de
chauffage, au 42, rue Bisson, dans le XX<sup>e</sup> arrondissement,
nourrissant les chats, les rats et les pigeons à travers Belleville et
Ménilmontant.
... Adieu jolies petites venelles qui couriez le long des pentes
de la rue des Rigoles et des Cascades jusqu'au bas de la rue de la
Mare, adieu !