Préférant miséricorde à rigueur de justice : pratiques de la grâce, XIIIe-XVIIe siècles

Depuis une vingtaine d'années, la grâce a pris une place de choix dans le
paysage de l'histoire de la justice à la fin du Moyen Âge et aux débuts de
l'époque moderne. Tirant parti de sources d'une grande richesse, les historiens
ont montré que la clémence est le complément indispensable de la sévérité
dans l'exercice de la justice du XIII<sup>e</sup> au XVII<sup>e</sup> siècle. Ils ont ainsi nuancé
l'image d'une justice médiévale expéditive et sanguinaire. Mieux, ils ont montré
que si l'intransigeance des juges est affirmée dans les textes normatifs,
la pratique judiciaire se fonde plus sur l'exercice du pardon que sur la force
du bourreau. Par ailleurs, l'historiographie récente a mis en avant la manière
dont les pratiques de grâce sont un instrument politique de la croissance de
l'État et de l'affirmation de sa souveraineté. À travers les huit contributions
de ce volume, de jeunes chercheurs en histoire analysent cette place déterminante
de la grâce dans la justice médiévale et moderne.