Le passage des ombres

Certains lieux semblent enchantés, comme si, placés en
un point sensible où se déforme la trame de l'espace et du
temps, ils gardaient la mémoire des événements dont ils ont
été le théâtre ou protégeaient les secrets de ceux qui les ont
habités. Malemort, petit bourg méridional chargé d'histoire,
que les événements du monde, même les plus sanglants,
n'atteignent que de manière étouffée, pourrait être l'un de ces
endroits magnétiques où viennent se confondre les époques.
C'est à un trio insolite que revient la tâche d'invoquer
l'esprit des lieux : une femme et deux hommes qui essaient,
chacun à sa manière, de surmonter leurs deuils respectifs à
travers l'amitié, la musique et leurs obligations professionnelles.
Leurs égarements intérieurs les mènent sur la piste de
deux meurtres non identifiés. L'un bien réel, que Guillaume,
le magistrat, est obligé d'instruire, l'autre, incertain et
commis à une époque antérieure, qui suscite la curiosité de
William, l'historien, tandis qu'Élise, le médecin du bourg, est
confrontée à des morts moins inattendues parmi ses patients.
Leurs trois voix alternées se répondent dans Le Passage des
Ombres. S'y mêle, comme un écho assourdi, gagnant peu à
peu en puissance, un quatrième timbre surgi des failles du
temps.