La véranda créole

Pour Iris, l'orpheline surnommée «moitié d'femme»,
mariée par la marquise de Maintenon à un rude
planteur de la Martinique, la véranda paradisiaque
qu'elle a créée, et dont elle a su faire le rendez-vous
de l'élite créole, est devenue le symbole d'une réussite
chèrement acquise, la revanche sur un monde sans
amour, la façade enchantée d'une réalité cruelle. Car
l'île splendide est traîtresse. En ce début du XVIII<sup>e</sup>
siècle, une extraordinaire et périlleuse complexité y
règne : libres et esclaves, békés, nègres et mulâtres,
grands planteurs et petits blancs, flibustiers et
fonctionnaires royaux se côtoient et s'affrontent,
s'idolâtrent et se haïssent. D'un groupe à l'autre
persistent l'obsession de «passer la barrière», le
désir d'accéder à l'échelon social supérieur. Dans
ce huis clos, les passions bouillonnent.
Mais voilà qu'un tourbillon d'événements s'abat sur
l'île. L'ouragan, la fièvre jaune, la lèpre déferlent.
Une révolte éclate. L'univers feutré d'Iris bascule.
La véranda est balayée. Avec elle, c'est un monde qui
disparaît, une descente aux enfers qui commence.
Confrontée à la misère des uns et à la férocité des
autres, que deviendra Iris ? Et si, au fond de ce chaos,
elle découvrait la fraternité humaine, l'espérance,
l'amour ?