Category III : sexe, sang et politique à Hong Kong

Dans le monde du cinéma hongkongais, la Category
III représente l'interdiction aux moins de 18 ans. Un
classement créé à la base pour lutter contre la censure
du gouvernement colonial et permettre la sortie
de films étrangers jugés tendancieux (politiquement
et artistiquement). Rapidement, la Category III est devenu
pour les producteurs et réalisateurs locaux le moyen de s'adonner
aux pires turpitudes. À tel point que le terme Category III a fini par
s'imposer aux yeux du public comme le synonyme d'un cinéma
affranchi de toutes règles de bienséance, où le sexe et la violence
sont souvent intimement liés.
Le phénomène est tellement important que la production interdite
aux mineurs s'est imposée durant les années 90 comme le
courant le plus important du cinéma hongkongais. Après les films
de capes et d'épée des années 60, les films de kung fu des
années 70 et les polars violents des années 80, la Category III
est devenu le dernier grand "genre" de la colonie britannique.
Le dernier, car la date butoire de 1997, marquant le retour de
Hong Kong à la Chine, approche, faisant de facto de la
Category III un cinéma de transition, où nombre des tensions
présentes dans la société hongkongaise explosent. Et où les
réalisateurs les plus divers se sont exprimés, allant du très respectacle
Johnnie To à des génies du cinéma populaire
comme Lam Nai-Choi.
Soutenu par de nombreuses interviews, des filmographies
détaillées et une iconographie riche, ce livre s'articule
autour des grands thèmes qui ont défini la Category
III et fait ressortir les nombreux traits uniques de ce courant.
Se plonger dans la Category III, c'est rentrer dans
un monde fou, sans pareil et parfois totalement halluciné.
La dernière grande vague que le monde ait
connu de films d'exploitation, qui permet au
passage de nous livrer un éclairage unique
sur Hong Kong et ses habitants.