Comment sauver (vraiment) la Sécu : et si les usagers s'en mêlaient ? : des médicaments à l'assurance maladie

Après s'être attaqué aux retraites, le gouvernement
français a annoncé une réforme de l'assurance maladie,
dont le déficit devient insupportable : les
dépenses augmentent trop vite et le vieillissement de
la population va aggraver la situation. Toutes les
solutions proposées visent à transformer l'usager de
soins en un consommateur de marchandises, sous
prétexte de le «responsabiliser». Le privé est toujours
plus efficace que le public : voilà l'évidence.
C'est en fait l'inverse qui est vrai, comme le
montre, preuves à l'appui, Philippe Pignarre dans
ce livre remarquablement documenté - notamment
à partir du contre-exemple du système de
santé privé américain, plus cher et moins efficace
qu'en Europe. Le déficit de la «Sécu» est en effet
bien plus le résultat d'une offre de soins toute-puissante,
dont l'industrie pharmaceutique est le
meilleur exemple, que d'un «dérèglement» des
patients qui n'a jamais été sérieusement démontré.
Pourquoi les nouveaux médicaments, dont on ne
sait même pas s'ils sont plus efficaces, sont-ils jusqu'à
cent fois plus chers que les médicaments de
référence qui ne sont plus protégés par un brevet ?
Pour Philippe Pignarre, il ne s'agit donc pas de
défendre la Sécurité sociale telle qu'elle est, car elle
est devenue une assurance tous risques pour des
fournisseurs privés comme l'industrie pharmaceutique.
Il faut la remettre au service des patients en
s'intéressant à la manière dont ils peuvent jouer un
rôle dans l'invention et la diffusion de nouvelles
thérapeutiques. Face à l'offensive du «privé», il
faut redonner toute sa dynamique au «public».