Les frontières du profane dans l'Antiquité tardive

Les frontières du profane dans l'antiquité tardive
Le développement du pluralisme religieux, qui caractérise l'Empire romain dans sa phase tardive (ici, entre la fin du II<sup>e</sup> et la fin du V<sup>e</sup> siècle), suppose que certains éléments de la vie politique, culturelle et sociale demeurent en commun, quelle que soit l'appartenance religieuse ; c'est ce qui est désigné ici comme le profane. L'émergence de l'Église chrétienne dans l'Empire s'est accompagnée d'une forme de sécularisation qui a modifié les contours, voire la nature du profane. L'objectif du programme de recherche sur les frontières du profane était d'analyser ces modifications et leurs facteurs. Aussi les communications rassemblées s'intéressent-elles à la coexistence, et même à la coopération entre les différents groupes religieux plutôt qu'à leur compétition ou leurs conflits. Cet aspect de l'Antiquité tardive, pour n'être pas ignoré, n'avait jamais reçu un éclairage aussi systématique.
Éric Rebillard, ancien membre de l'École française de Rome, est actuellement professeur à Cornell University (Ithaca, NY). Spécialiste de l'Antiquité tardive, il a notamment publié, chez le même éditeur, In hora mortis. Évolution de la pastorale de la mort aux IV<sup>e</sup> et V<sup>e</sup> siècles dans l'Occident latin (1994) et Musarna 3 (2009) ; avec Claire Sotinel, L'évêque dans la cité. Image et autorité (1998), avec Susanna Elm et Antonella Romano, Orthodoxie, christianisme, histoire (2000). Aux éditions de l'EHESS, il a publié en 2003, Religion et sépulture : l'Église, les vivants et les morts dans l'Antiquité tardive.