Otto Freundlich et la France : un amour trahi

Mars 1908. Le peintre Otto Freundlich débarque à Paris.
Allemand, juif, il n'a pour tout bagage qu'une couverture et deux
faux-cols de rechange. Ce ne sont pas les lumières de la ville qui l'attirent
dans la capitale intellectuelle de l'Europe, c'est l'esprit de
l'avant-garde qui souffle dans les rues miséreuses de Montmartre et
de Montparnasse :
"Picasso avait déjà jeté son défi à toutes les traditions de l'art, (...),
Braque, Herbin, Juan Gris et moi-même étions appelés à jouer un rôle
de précurseurs. Max Jacob, Apollinaire, Maurice Raynal et André
Salmon étaient nos compagnons de route. (...) Nous assistions à une
véritable aurore de la peinture moderne."
L'histoire cependant rattrapera Freundlich, et la Première Guerre
mondiale le contraindra à rentrer en Allemagne.
En 1924, il décide de revenir définitivement dans sa patrie d'élection
: la France. Le seul pays où il peut en toute liberté se consacrer
à son art entièrement tourné vers l'abstraction... En 1939, la France
l'internera pourtant comme "ressortissant d'une puissance ennemie"...
lui dont le régime hitlérien a haineusement fait le chef de file
de "L'Art dégénéré" ! Réfugié dans les Pyrénées-Orientales, de 1940
à 1943, il y sera finalement arrêté sur dénonciation et envoyé dans
un camp d'extermination... son amour de la France restera cependant
intact jusqu'au dernier instant.
Ce livre, basé sur les nombreuses archives laissées par
Freundlich, témoigne de cet amour mais aussi de l'originalité et de la
luminosité de l'oeuvre de Freundlich, de la profondeur de sa pensée.