Penser la connaissance et la technique après Simondon

Second volet de Penser l'individuation , dont le premier volet était
consacré à «Simondon et la philosophie de la nature», Penser la
connaissance et la technique après Simondon poursuit et achève
l'exégèse de l'ensemble de l'oeuvre de Simondon, mais en donnant à
cette exégèse un tour plus polémique. Aujourd'hui découverte ou
redécouverte par un nombre croissant de philosophes et scientifiques,
la pensée de Simondon ne s'est pas contentée de réhabiliter la
philosophie de la nature sous la forme d'une ontologie génétique non-objectivante.
Elle a aussi voulu réhabiliter d'une part l' analogie , en
faisant d'elle le mode proprement philosophique de «connaissance» si
la connaissance de l'individuation est elle-même individuation de la
connaissance, d'autre part la technique , en subvertissant d'un même
geste les trois oppositions classiques nature/culture, nature/technique et
culture/technique.
Or, traiter dans un même volet les deux thèmes de la Connaissance
et de la Technique tient à la nature même de cette philosophie, qui pose
en effet les bases d'une compréhension nouvelle et radicale de la
physique mathématique comme connaissance techniquement fondée.
Parce que cependant ces bases simondoniennes ne vont pas jusqu'à
penser ce qu'il faut nommer les différents modes de décentrement du
sujet connaissant en général, elles ne font que nous conduire au seuil
d'une pensée réellement post -critique, c'est-à-dire susceptible de
provoquer l'«agonie du kantisme» annoncée par Alexis Philonenko
en 1969 dans L'oeuvre de Kant. Il s'agit donc à terme d'envisager la
nouvelle problématique seule capable d'ambitionner la Relativité
philosophique ou «révolution einsteinienne» que Bachelard et le
dernier Wittgenstein appelaient tous deux de leurs voeux après la
«révolution copernicienne» de Kant, et dans le projet de laquelle
Simondon s'inscrivait déjà.