Une terre, des hommes...

«Ils s'appellent Adèle, Joséphine, Jules,
Auguste ou Amédé...
Autour d'eux, le monde a connu
des mutations phénoménales,
dans tous les domaines, mais ils sont
restés à l'écart. [...]
Ils ont continué, jusqu'à la fin
de leurs jours, à vivre comme
leurs parents, leurs grands-parents
et les générations antérieures.
Imperturbablement. Ils n'ont jamais pu
quitter ni leur village ni la maison
où ils sont nés.
La vie en a décidé ainsi,
parfois à leur place. [...]
Ils ont prolongé une vie toute simple,
basée sur des besoins essentiels
à satisfaire, comme ceux
qui les avaient précédés,
en harmonie avec la nature.»
«... Delvine, une frêle "demoiselle" de 65 ans
qu'Henri Didelle a surprise en train de casser du
bois devant sa porte, dans le costume traditionnel
du pays : corsage rayé sous un joli gilet chamarré,
grand tablier plissé tombant jusqu'aux pieds,
cheveux serrés dans un bonnet noir. Pas habillée
pour la circonstance, mais comme tous les jours.
Elle est d'une beauté et d'une élégance incroyables,
intemporelles...»
Pierre Bonte
«Henri Didelle est né dans ce coin
de montagne dont il connaît chaque
village et a parcouru les chemins
pendant 5 ans, à pied,
appareil photo à la main. [...]
Il avait alors une vingtaine d'années
et se sentait investi d'une mission :
laisser une trace de ces gens
modestes et dignes.
Porter témoignage de ces existences
effacées. Les approcher,
les familiariser avec l'objectif
n'a pas toujours été facile. [...]
Henri Didelle a su vaincre leur méfiance
à force de patience et de respect,
parce qu'il a pris le temps
de les écouter.
Et avant tout, parce qu'il les aimait.»