Peuplement et genèses dialectales dans la Grèce antique

Depuis la fin du XIXe et le début du XXe siècle, la dialectologie
grecque ne s'est pas renouvelée. Par des biais différents, l'équipe
nancéienne de linguistique ancienne essaie ici d'explorer quelques-unes
des voies à emprunter pour échapper à cette stagnation.
Montrant, à travers divers dialectes (thessalien, béotien, lesbien,
pamphylien), la complexité de la genèse des dialectes, tous plus ou moins
des coproductions (L.-J. Calvet), elle suggère de substituer aux
métaphores de la filiation et de l'arbre généalogique celle de l'héritage
(comme le dit R. Nicolaï, on n'hérite pas que de ses parents). - Puis, elle
attire l'attention sur les risques que fait courir à l'exégète le caractère
fréquemment tardif de la documentation : il n'est pas toujours aisé de
faire le départ entre trait hérité (et de qui ?), manifestation identitaire
graphique et développement apporté par la koiné. - Enfin, quand les
documents sont à la fois tardifs et rares ou lacunaires, on doit redouter le
mirage : la vulgate dialectologique parle des dialectes du Nord-Ouest ;
mais, à l'examen des textes, ils s'évanouissent. Ils ont probablement
existé, mais on ne les connaît pas.