Le solitaire des Alpes ou La vérité religieuse devant la raison

Michel Yermoloff est né en 1794 dans une famille immensément
riche de l'aristocratie russe. Jeune officier, il participe à la guerre
contre Napoléon. Il finira sa carrière militaire Général. Démissionné
de l'Armée, il épouse une Française avec qui il vit d'abord en Russie,
puis il s'établit définitivement en France et meurt à Grenoble en 1870.
C'est un homme très cultivé, grand voyageur, auteur d'un grand
nombre d'articles en géographie, en histoire, d'études sur la poésie et la
linguistique. Orthodoxe de naissance, il se convertira au Catholicisme
à 61 ans. Or Yermoloff ne se contente pas d'une démarche ecclésiale,
mais il entend développer et discuter l'essentiel de sa foi. Le solitaire des
Alpes est un véritable ouvrage d'apologétique, l'oeuvre d'un homme qui
possède une bonne culture religieuse et philosophique et qui voudrait
exposer et justifier son parcours personnel à travers l'ébauche d'une
construction conceptuelle qui conduit de la philosophie à la religion.
L'ouvrage est rédigé sous forme de dix «Conversations». Les trois
premières sont consacrées à des notions proprement philosophiques
mais dont la finalité est de conduire à la religion. Après des réflexions
sur la certitude, le je pense , l'espace et le temps, Yermoloff enchaîne sur
quelques grands thèmes de la pensée morale pour aboutir à Dieu et à la
religion. Les quatrième et cinquième conversations tournent autour des
grandes doctrines chrétiennes, notamment la Chute, l'Incarnation, la
Rédemption. Quant aux cinq dernières, elles traitent des relations entre
Judaïsme et Christianisme et surtout du rôle du Christianisme et de son
importance dans le monde moderne. Rédigés dans une langue agréable
où le souci de la clarté va de pair avec les descriptions pittoresques,
les Dialogues de ce Général lettré fournissent un témoignage précieux
du climat intellectuel de l'époque à travers des développements des
thèmes pérennes de la philosophie et de la religion.