L'agent indien

Après l'assassinat en 1877 du chef de guerre des derniers Sioux
rebelles Crazy Horse, Washington décide de nommer dans le Dakota
du Sud le jeune docteur Valentine McGillycuddy comme agent indien
de l'agence des Sioux oglalas, bientôt rebaptisée réserve de Pine
Ridge. L'homme, honnête et sans détours, va connaître les pires
années de sa carrière au service du gouvernement. Ses nouvelles fonctions
vont le confronter au chef oglala Red Cloud, une forte personnalité,
retors, autoritaire, à l'esprit insaisissable et dont le pouvoir et
l'ascendant sur les siens, que les Blancs pensaient briser après son
enfermement dans la réserve, demeurent plus fort, que jamais. Dans
un style envoûtant, convaincant de par l'exactitude des faits, l'authenticité
des personnages, O'Brien décrit minutieusement les circonstances
de la politique et des tensions des premiers jours de la
réserve, au moment où McGillycuddy, le fonctionnaire qui fit l'objet
du plus grand nombre d'enquêtes en Amérique, presse les Sioux
d'adopter une économie agricole. Le jeune agent va en effet devoir
affronter, outre la corruption et les prébendes, une opposition larvée,
parfois rude et menaçante qui va pendant plusieurs années le mettre
dans une position difficile vis-à-vis de ses collègues du bureau de Pine
Ridge, des rares Indiens qui se sont mis de son côté, et du gouvernement
dont l'un des enjeux des prochaines élections présidentielles
concerne la politique du ministère de la Guerre quant à l'administration
des réserves indiennes et notamment l'aigu problème sioux que
pose Red Cloud à Washington. Le face-à-face entre les deux hommes
restera unique dans l'histoire d'un agent de réserve et son dénouement
s'achèvera dans un déchirement qui incarnera à jamais le terrible
symbole de la tragédie des Grandes Plaines d'Amérique.